Dany Patry – Infirmière retraitée – Bénévole en mars 2015

Témoignage du 14/05/2015

Après avoir intégré le groupe de soutien Pomme Cannelle Paris en France. J’ai décidé de partir au Népal. L’objectif fixé en allant à Katmandou : rencontrer les enfants, appréhender le fonctionnement APC Népal pour être plus crédible lorsque je parlerai de Pomme Cannelle en France. Mon séjour s’est déroulé du 18 mars 2015 au 31 mars 2015. J’ai passé  12 jours  à Ram Ghāt APC Népal.

J’ai eu la chance d’être hébergée sur place, ce qui m’a permis de suivre le fonctionnement du Transit et du drop in sur 24 heures. Très vite je suis impressionnée. Ca fonctionne et ça fonctionne très bien.

Au terme de mon séjour je conclus :

Le fonctionnement est conséquent. De nombreux programmes au total 6 programmes ont été mis en place. Ils sont complémentaires, progressifs et « bouclent la boucle ». J’observe une logique dans la continuité des programmes. Le suivi des enfants débute de la rue, les repérer dans la rue, jusqu’au moment où on peut leur offrir une formation pour devenir autonome dans la vie. Sauf erreur de ma part on note : urgence urbaine, urgence dans les montagnes, prise en charge, réintégration, formation, prévention. Je suis impressionnée. Qui assure le suivi ?

Déroulement d’une journée : Dès 7 heures du matin, je rejoins les enfants soit au drop soit au transit. Ma participation aux activités se fait aisément. Les enfants sont sensibles à l’intérêt porté.

Mes observations

Chacun remplit sa mission

  • Les programmes de la journée sont respectés
  • Les activités sont réalisées dans la bonne humeur
  • Les enfants sont au cœur du sujet
  • « Les enfants d’abord, nous après ». La présence de chacun se justifie par le besoin des enfants
  • Les tâches de chacun sont conséquentes : activités, management, hygiène, alimentation, entretien, pour satisfaire les besoins des enfants.
  • La satisfaction des besoins est la base du bien-être de l’individu. Je reprends la représentation pyramidale de la hiérarchie des besoins selon Maslow, besoins physiologiques, sécurité, appartenance, estime de soi et accomplissement de soi. Je n’ai pas cherché à analyser ce qui était fait et pourtant mon observation me conduit à des pensées positives de satisfaction des besoins.
  • Auprès de chacun j’apprécie leur implication. Naturellement les choses se font et se font bien. Au centre de ce fonctionnement, le personnel éducateur manageur, le personnel de cuisine, Mickael, Ram.
  • Le personnel est présent sur toute la journée. Pour certains 24h sur 24h.

Contact avec le staff

Je rencontre Yam Lama qui m’explique la mission APC Nepal, la place du gouvernement, l’intérêt que porte l’ambassade de France. Il a confiance dans la mission d’APC et satisfait de la place de chacun. Les membres du staff sont présents (mon peu d’Anglais ne me permet pas de poursuivre une discussion plus approfondie sur le rôle de chacun). Les managers sont  compétents, volontaires, décisionnelles et dans l’action. A cette étage la convivialité règne également, la conscience professionnelle se ressent.

Je dirai : les managers sont actifs, le personnel de terrain est actif. J’assiste à un staff du vendredi,  Travail collectif de définition des moyens et des actions à réaliser pour la réalisation des programmes. Cependant rien n’apparait sur leur rencontre et la mise en commun de leur travail. Pourtant chacun œuvre pour les enfants. Les enfants sont bien le cœur du sujet. Au vu du vécu, (arrivée de nouveaux enfants, réintégration d’enfants dans la famille, mutation d’enfants du drop in vers le transit), le suivi des enfants est pertinent. J’ai pu constater ces mouvements pendant mon séjour.

BLC

Je suis allée à plusieurs reprises au BLC. La aussi ça fonctionne. Ca semble bien organisé, efficace dans la régularité et la bonne humeur. L’histoire des enfants est bien connue de tous.

Les maraudes

J’ai pu suivre Ghetta une matinée. Je suis surprise de l’efficacité. Les enfants de rue qui ont des besoins ont recours à elle. Là aussi une action pertinente. Elle est présente à des heures précises dans des lieux précis et les enfants arrivent  pour avoir des soins, une réponse aux besoins sans contrainte. Cependant pour certains du fait d’une mauvaise hygiène les soins sont difficilement réalisables.

Il conviendrait sans doute de s’orienter si possible vers  la réalisation de soins à APC  en faisant venir les enfants à APC pour qu’ils reçoivent les soins. Cela  permettrait de donner une réponse plus pertinente et une programmation de soins d’hygiène. Il y a beaucoup de matériel adéquat dans l’infirmerie d’APC qui pourrait être utile pour les pansements des enfants des rues mais qui sont difficilement transportable à l’extérieur.   Mettre de la bétadine sur une plaie sale sans lavage au préalable est aujourd’hui reconnu comme une erreur.

La place des volontaires

Les volontaires sont bien accueillis. Il existe un souci de bien les intégrer. Notre regard et nos propositions sont pris en compte.

On nous donne les moyens de réaliser les actions proposées. Je dirai que les volontaires bénévoles sont moteurs et cassent le quotidien. C’est une ressource importante pour les éducateurs.

Les activités que j’ai réalisées en compagnie d’ Aurélie Julie Audrey 3 infirmières françaises présentes du 18 mars au 29 mars 2015 :

  • Participation à l’atelier d’écriture avec les jeunes du drop.
  • Jeux avec les enfants du transit
  • Participation aux sorties extérieures pique-nique, atelier théâtre, accompagnement à la fête
  • Rencontre avec les enfants de Pashupatinath
  • Réalisation de crêpes
  • Réalisation d’Hamburger
  • Bilan de santé des enfants drop et transit
  • Bilan de santé d’une vingtaine d’enfants de BLC
  • Rangement de l’infirmerie
  • Essai de rangement des vêtements qui se termine par de la couture
  • Participation aux maraudes
  • Rencontre de deux femmes qui bénéficient du micro crédit
  • Réalisation d’atelier beauté (nettoyage des ongles mains et pieds, brossage des dents, lavage des mains, entretien visage oreille cheveux) avec les enfants du drop et du transit
  • Soins apportés à Kumari chez lui

Observation au transit

Les enfants sont très jeunes. C’est sans doute un phénomène nouveau. Notamment on observe que certains font pipi au lit. Des aides complémentaires en matière d’hygiène semblent nécessaires. On pourra prévoir d’acheter des protections pour les matelas. L’odeur d’urines sur les moquettes est conséquente. Il est peut-être important de les remplacer par des matériaux lavables.

Les enfants sont très demandeurs. Un renforcement des séances d’apprentissage en durée et en modifiant la forme peut-être utile. Ils peuvent apprendre aisément à cet âge. Peut-être des cours d’anglais, des séances d’écriture seraient bienvenues.

Rencontre avec les parrains

Tout est mis en place afin que la rencontre soit agréable. On nous accompagne pour l’achat de vêtements. On prend le temps d’un échange avec la filleule. On accompagne les parrains dans les familles.

J’ai rencontré des parrains sur Paris qui tiennent le même discours. Ils apprécient Silhu. Ils ont apprécié l’accueil et les moments passés à APC et au BLC.

De France, on ne reçoit pas toujours de réponse aux lettres que nous adressons à notre filleule mais attention de ne pas détruire la qualité de cet accueil pour les parrains marraines qui se rendent au Nepal .

Mon observation de soignante

Les enfants du drop et du transit semblent en bonne santé. Bonne tension, pulsation, fréquence respiratoire correct. Hygiène correct.  Quelques problèmes dentaires, notamment chez les grands, les dents de lait ne sont pas tombées et chevauchent avec les dents définitives. Présence de poux. 1 problème auditif, un problème cardiaque semble-t-il, trois problèmes ophtalmo. Les enfants ne sont pas maigres. Pas de plainte conséquente. Des démangeaisons sont notées, sans doute plus liées à une sécheresse de la peau qu’à des problèmes d’allergie. Ne pas leur mettre de crème à base de cortisone mais de la crème hydratante.

Les enfants du transit sont très jeunes. S’il était possible de rajouter à leur nourriture un peu plus de lait et des fruits au moins une fois par semaine, cela protégerait leur croissance. Je suis consciente qu’après ils retournent dans les familles et qu’ils n’auront pas cela mais si pendant un an nous améliorons leur quotidien leur organisme ne peut que mieux se porter.

Au BLC l’hygiène des enfants n’est pas satisfaisante. Tous ont des poux. Quelques problèmes ophtalmo également. Beaucoup d’enfants présentent des verrues. Pour certains cela recouvrent les mains et les pieds. Une prise en charge médicale sera nécessaire le moment venu. Les enfants semblent plus maigres. Ils sont plus renfermés. L’appréhension de l’examen est peut-être la seule cause, mais la poursuite des investigations dans l’avenir est souhaitable.

Comment ça fonctionne

La question que je me pose : Qui est le leader de cette équipe ?

La démarche d’Hervé est toujours présente et chacun joue son rôle sans chef d’orchestre. Sans doute mais la place vide empêchera la poursuite de l’activité. Un responsable est nécessaire. La réponse est importante.

Yam joue un rôle de manager pour assurer le fonctionnement. Ce peut-il que quelqu’un d’autre joue le rôle de Leader-Manager. Je ne le crois pas. Mickael nommé Directeur est contrôleur, autoritaire mais pas décisionnaire.

Le staff et les éducateurs de terrain se rencontrent, chacun à sa place, et assurent  le fonctionnement et le suivi de tous les programmes. Au quotidien, on ne voit pas de travail en commun. Le coordonnateur n’existe pas et manque. Pour ne pas perdre en efficacité, avant de déconstruire, il parait nécessaire de poursuivre les observations.

Mon ressenti

Les enfants sont le moteur de chacun et de tous et heureusement.

Au deuxième étage, les « têtes pensantes », au rez de chaussée les gens de terrain. Leur rencontre une fois par semaine permet de définir les programmes et les actions à mettre en place. Il y a échange, collaboration, mais pas  partage et convivialité.

De ce fait une incompréhension s’installe. Par exemple j’ai entendu : « Pourquoi des fauteuils et rien pour les enfants ?». On ressent un manque de reconnaissance pour le personnel de terrain. L’absence d’intérêt, de présence des managers auprès des enfants posent problème aux éducateurs.

Un changement est attendu. « Hervé était toujours avec nous ». La direction n’a pas l’obligation d’être sur le terrain mais un coordonnateur dans ce cas est indispensable. Les éducateurs ne se sont pas reconstruits depuis le départ d’Hervé. Ils attendent un regard positif et un soutien.

Dans la situation actuelle, le souci est de les nourrir et d’aider à la reconstruction des foyers des enfants parrainés, mais bien vite j’espère, APC retrouvera sa mission et les réponses apportées seront importantes. Aujourd’hui déjà la présence d’un Leader manager et d’un coordonnateur semble nécessaire.

J’espère ne pas froisser quiconque. Le bilan est très positif. J’admire le chemin parcouru. Mon regard doit pouvoir s’ajouter au regard apporté par toutes les personnes qui vont à APC Népal.

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