La vie dans la rue

Le Monde de la rue (street children in Nepal)

aide aux Enfants des rues du NépalMême si pour l’enfant la rue est synonyme de liberté et de jeux, une fois que l’on y vit il faut se débrouiller par ses propres moyens pour survivre, c’est à dire se nourrir et trouver un endroit pour dormir. Plusieurs solutions s’offrent à lui : mendier, voler, se prostituer, ou collecter le plastique pour le revendre ensuite ; ce que la plupart des enfants de Katmandou font. Un kilo de plastique se revend 10 à 15 roupies. Ainsi, plusieurs fois par jour ils arpentent les rues et cherchent dans les ordures pour récupérer tout objet en plastique. Généralement ils y vont à plusieurs et mettent ensuite en commun ce qu’ils ont récupérés.

Une grande majorité des enfants des rues vivent en groupe dans un lieu qu’ils se sont appropriés. Très souvent ils l’aménagent pour avoir un minimum de confort. Ainsi, les enfants vivant à Bhogal Park (au centre de Katmandou) se sont construit un abri avec des bâches entre deux arbres pour se protéger des intempéries ainsi que des regards des passants. Malgré le fait de dormir dehors dans un parc, ils ne sont pas totalement “désorganisés” et exempts d’un minimum de confort et de propreté. Il arrive ainsi par moment qu’ils se mettent à balayer «leur» parc pour ramasser les papiers et autres ordures. De la même manière, ils font leurs besoins dans un endroit bien précis, un minimum éloigné de leur habitat.

D’autres enfants, souvent n’appartenant pas un groupe précis, peuvent dormir sous les temples. Avec l’argent qu’ils arrivent à collecter par la vente du plastique récolté après quelques heures de travail (100 à 150 roupies), ils ont en général assez pour se nourrir convenablement, un Dal Bhat coûtant environ 20 roupies. Le malheur est que la plupart d’entre eux utilisent cet argent non pour manger, ou s’habiller, mais en priorité pour s’acheter cigarettes, haschich, alcool…qu’ils consomment en quantité, ainsi que de la glue qu’ils mettent dans un petit sachet pour ensuite la “sniffer”. Ce produit, bon marché et facile d’accès, qu’ils consomment à longueur de journée, leur fait oublier leur réalité et leur condition de vie. Ces enfants ont développé pour la plupart un fort esprit communautaire ainsi qu’une relation d’entraide.

Cependant, cela ne les empêche pas d’être à la fois très durs entre eux. Ils se bagarrent énormément. Dans la plupart des cas c’est pour jouer, mais ce peut être aussi pour de réelles motivations. Quelques fois cela se termine à l’hôpital en raison de la forte violence. Toutefois la violence tient une place particulière au Népal. Elle n’est pas proscrite et mal perçue comme dans nos pays occidentaux. Que ce soit les parents, les professeurs ou encore les policiers, tous usent souvent de la violence. De ce fait il peut arriver ,lorsque des enfants se bagarrent, que les passants s’arrêtent et regardent en souriant sans même intervenir. Ils se bagarrent au même titre qu’ils jouent aux billes ou aux cartes.

Venir en aide à l'enfance au NépalTrès souvent, comme dans tout groupe, se trouve un leader. C’est habituellement celui qui est le plus âgé et le plus fort qui prend ce rôle. Il prend alors les décisions. Egalement il peut demander l’argent des plus jeunes, ou même les racketter. Ces derniers obtempèrent sous peine de se faire exclure du groupe ou de se faire battre. Très souvent ils acceptent cette condition voyant cela comme une obligation. Il existe une vraie culture propre à la vie dans la rue. L’une des principales valeurs est d’être libre et exempt de toute contrainte envers la société. Ils ne doivent de compte à personne, excepté au leader du groupe. Ils s’accordent tout et tout leur est permis.

Comme la rue est leur monde, ils la connaissent très bien, savent tout ce qui s’y passe et en maîtrisent toutes les ficelles. Ils sont généralement très débrouillards et autonomes dès lors qu’ils sont plongés dans ce milieu. C’est leur seul moyen de survivre. De ce fait, ils savent également user et profiter des différentes ONG en tirant parti de ce qu’elles peuvent leur proposer : ici un refuge, là de la nourriture, ailleurs des activités et loisirs…. Il arrive très souvent que ces enfants naviguent entre plusieurs associations sans jamais intégrer véritablement l’une d’entre elle. Il est très difficile de sortir un enfant de la rue. D’une part car cela demande une importante et difficile réadaptation (difficulté qui s’intensifie avec le nombre d’années restées dans la rue), et d’autre part parce que cela signifie pour l’enfant perdre la totale liberté dont il jouit et qui est devenue son unique trésor.

Les dangers  de la rue

Groupe d'enfants dormant dans les ruesLorsqu’il vit dans la rue, l’enfant se trouve exposé à de nombreux dangers extérieurs. Leur vie et leur situation étant très précaires ils peuvent vite basculer dans ses nombreuses failles. En tout premier lieu, à la fois pour oublier leur condition de vie mais aussi parce qu’ils y sont influencés, ils usent de produits addictifs tels que la cigarette, la glue, l’alcool ou encore la Marijuana.

Dès leur plus jeune âge ils peuvent être totalement dépendants de ces produits, et cette dépendance rend leur réinsertion très difficile, voire dans certains cas impossible. D’autre part pour gagner davantage d’argent, ou parce qu’ils y ont été poussés, certains vont se prostituer.

Une fois pris dans cet engrenage il devient difficile à l’enfant de pouvoir espérer une autre vie. Il devient très vite dépendant et prisonnier de son mode de vie. Sans aide, ni soutien et accompagnement, il est rare qu’un enfant réussisse par lui-même à sortir de ce monde, qu’il retourne à l’école, trouve un travail et un logement.

L’enfant des rues d’abord carencé en amour

Enfant du NépalLorsque l’enfant quitte le foyer familial, c’est parce qu’il ne s’y sent pas bien, qu’il se sent rejeté. Même lorsqu’il n’a qu’un pied dans la rue, il est déjà très souvent livré à lui-même, sans plus vraiment recevoir une éducation de ses parents et de sa famille. Ainsi, il ne bénéficie plus de protection et ne reçoit plus d’amour; pourtant objet indispensable permettant à tout enfant de se construire et se développer.

Ce sentiment d’amour promu par les parents permet à l’enfant de se sentir en sécurité et en confiance parce que justement il se sent aimé. Sans cet amour et cet intérêt, il va grandir en ayant le sentiment de ne pas être désiré, d’être de trop ou “inutile”. Il va développer une mésestime de lui-même pensant qu’il ne peut rien réussir car personne ne s’est intéressé à lui ou ne lui a fait confiance. Ces enfants souffrent alors de carences d’amour.

Ils ne savent pas ce que c’est que d’être aimé, être l’objet d’intérêt de quelqu’un, être valorisé. Les enfants des rues ont à la fois besoin de cet amour, de cet intérêt, et en même temps ils en ont peur car cela renvoie chez eux à une expérience très douloureuse. Il leur est difficile de pouvoir avoir confiance en l’adulte parce que ce dernier représente justement la souffrance, entre des parents indifférents et les autres adultes de la rue, profitant le plus souvent de leur situation.

Quelle réponse ?

Cette question reste d’actualité car sinon le problème serait endigué et il n’y aurait plus d’enfants dans les rues. Il est difficile de savoir exactement ce qui pourrait permettre à tel enfant de sortir de ce monde. Il n’y a pas de recettes miracles, notamment parce que chaque enfant est différent, unique, avec sa propre histoire, et n’a donc pas les mêmes besoins,  ne nécessite pas la même aide. L’enfant des rues n’est pas seulement un «enfant des rues». C’est un être entier, complexe, avec une histoire, un passé, une souffrance, des attentes et des rêves qui n’appartiennent qu’à lui.

Toutefois, ce qui reste commun à tous ces enfants, c’est la nécessité de retrouver une relation continue, fiable et solide, avec un adulte. Une relation qui lui permette de se sentir aimé, valorisé. Grâce à ce lien il pourra petit à petit, souvent après beaucoup de temps, reprendre confiance en lui, et  commencer à croire à une autre vie. C’est pour l’adulte, l’éducateur de rue,  un travail extrêmement délicat, qui demande un soutien et un investissement important tant cette transition demeure pour l’enfant difficile et douloureuse.

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